"Cette fois-ci, c'est la bonne? Je suis à Saloun, petit village à une dizaine de kilomètres de la frontière Egypto–Libyenne, où la caravane est attendue dans la demi-heure qui vient.
Pas de chance aujourd'hui: gros vent de sable venant du désert et poussant à la mer tout ce qui est sur son passage. Des dizaines de voitures, deux cars ayant amené des jeunes garçons tous vêtus d'un tee-shirt blanc, les officiels, plein d'officiels habillés sur leur 31. Les forces de police ont délimité un espace entourant un grand chapiteau blanc sur un immense terrain vague où le sable s'en donne à cœur joie pour nous agacer les yeux. Pas de chance.
Tout le monde est déjà en place et attend. Les policiers ont chassé les enfants du village venus en bande, et ce afin de réussir les photos officielles je suppose.
Ça y est, ils sont là, tous les membres de la caravane. Fatigués, mais ils sont là. Les premières photos crépitent."
Le 19 février, Claude Ganne nous avait également envoyé un extrait de son carnet de voyage. Le voici.
"Ca y est, ma carte 3G+ re-marche après deux jours de coups de téléphone à mon opérateur; pour les textes, no Problème, pour les images un premier essai m'enseigne que je vous envoie les photos deux par deux.
Accueil à Begles très sympa, une centaine de personnes qui avaient préparé de la nourriture pour les caravaniers (couscous, tagines, etc.) ont commencé à arriver vers 21 heures au lieu des 18 heures. Pas de discours, ni de réception, pas d'officiels non plus.
Le lendemain, départ des 110 véhicules, essentiellement des fourgons remplis à raz bord, des ambulances, des gros camions, un 4X4 tirant un bateau (pour les pêcheurs) vers Madrid, ou plus exactement San Fernando de Henares, proche du grand aéroport de Madrid, via San Sebastian, Burgos. Accueil dans un centre sportif moderne magnifique, les caravaniers arrivent à partir de 3h30 du matin jusqu'à 6 heures. Déjà un peu de retard et de la fatigue.
Peu importe, le lendemain matin à 11 heures, cérémonie d'accueil devant l'olivier planté par la mairie "Esquerda unida", speech de monsieur l'ambassadeur de Palestine à Madrid, de George Galloway, député du parti "Respect" au parlement britannique et initiateur de la caravane. Une caravane très imposante par l'effort par le du Maire de San Fernando. Tout cela dans une lumière intense et malheureusement dans le bruit intermittent des avions atterrissant à l'aéroport tout proche. Mais c'est quand même émouvant avec toutes ces équipes de télé autour de nous, dont TVE.
En fin d'après-midi, départ pour Tarifa. Arrivée au petit port du bout de l'Espagne en face de l'Afrique vers les 6 heures du matin pour prendre le permier ferry. En fait, il a fallu les ferries de 9h de 11h et de 13h pour passer toute la caravane à Tanger.
A Tanger, l'émotion change de grandeur. Il ne s'agit plus du soutien d'une communauté marginalisée et de la gauche non sioniste mais bien du soutien du peuple de la masse des petites gens. Extraordinaire!
Dès l'arrivée sur le quai du port, par une très belle journée avec déja un peu de chaleur, j'ai ressenti dans la manif de 300 personnes (derrière une très belle banderolle dénonçant le massacre) qui nous a accueilli, d'une part l'émotion populaire, et d'autre part les sourires de circonstances des officiels marocains.
La caravane sera accueillie très officiellement, avec les discours d'usage, le parrainage de Georges Galloway de la très huppée English-Moroccan School, au club de tir de Tanger (paradis pour milliardaires). Mais les tee-shirts verts "Viva Palestina" portés par tous les caravaniers sont déclarés "non gratas". Remous chez les caravaniers, speech de "Gerry" Galloway et tous les tee-shirts seront ramassés sans exception. Je viens de me renseigner, ils ne seront pas rendus. Finish les green tee-shirts "Viva Palestina". Et puis nous prenons le chemin de Oujda via Rabah, Fèz et Sidi Harazem où nous sommes arrivés à 4 heures du matin et où nous sommes en repos pour la journée avant de partir demain pour la frontière algérienne.
Pour moi ce sera le véritable test. Gerry Galloway m'a souhaité la bienvenue dans la caravane parce que j'avais les visas et l'assurance requise, mais si je voyage avec la caravane, je voyage sous ma propre responsabilité et le coordonnateur de cette caravane m'a dit deux fois non à Bégles et depuis quand il me croise il tourne la tête.
S'il veut se débarasser de ma présence ce sera facile de le faire à la frontière algérienne.
A la frontière marocaine, j'ai simplement dit la vérité et la police m'a d'emblée intégré à la caravane, y compris en notant l'immatriculation de mon véhicule, une vieille 305 Peugeot qui fait rire tout le monde. Ah! Ces "little Frenchies". Même les très officiels policiers de la sécurité royale marocaine sont venus me voir pour me conseiller de me mettre derrière leur 4X4 tout neuf pour recevoir de l'aide si je tombais en panne!
Révision obligatoire de mon anglais, proche du nul, mais là, ça m'est sympathique. Je fais l'effort et dès aujourd'hui, je me sens capable d'exposer en anglais la réponse à la question que certains me posent: quelles sont mes motivations de les accompagner. Entre parenthèses, s'ils n'avaient pas vérouillé très fort leur caravane, je pense que nous aurions pu être une quinzaine de véhicules de France à les accompagner.
Même si nous avons traversé le Maroc de nuit et sous forte escorte policière, le soutien populaire au peuple palestinien est omniprésent, ici un groupe d'habitants est venu rencontrer la caravane. Petits speech et prière commune. Sur le bord des routes, les enfants ont chacun le petit drapeau palestinien de circonstance."
le petit drapeau palestinien agité par les enfants, ça me fait penser à ces très jeunes gens autrefois en Allemagne, que l'on conditionnait, il faudrait inventer un drapeau ""planète"", ce serait plus juste, car , la guerre implique minimum 2 antagonistes, donc 2 peuples qui souffrent qu'importe le pays ! et ce qui me choque c'est le côté partisan de cette expédition avec tee-shirts à l'appui, c'est pour moi non de l'information, du soutien, mais de la propagande dangereuse, on n'a nul besoin de ça ni en France ni ailleurs et je suis satisfaite et je trouve tout à fait justifié que l'on ait confisqué ces tricots . Quelle légitimé a cette expédition si elle n'est que politique apparemment ! l'Humanitaire n'a pas de ""pays""!
Posté par BR le 08/03/2009 11:27:18