Les couviges ne sont décidément plus ce qu'ils étaient ! Ils ne réunissent plus désormais les dentellières d'un village ou d'un quartier, mais celles du monde entier. Ce week-end, le centre socio-culturel de Blavozy a pris des allures de ruche ou de fourmillière. Des centaines de dentellières, et quelques dentelliers aussi, se sont pressés à ce rendez-vous devenu incontournable, pour acquérir du matériel en tout genre et observer d'un oeil expert ce qui se fait ailleurs.
Un rendez-vous en plein essor
Mick Fouriscot est la fondatrice du Centre d'enseignement de la dentelle au fuseau (qui fête cette année son 35e anniversaire) et la pétillante organisatrice de cet événement, assistée de son armée de bénévoles : "Le bouche-à-oreille aidant, l'événement a pris beaucoup d'ampleur au fil des ans. On a environ 200 dentellières qui viennent de partout, d'Écosse, de Belgique, beaucoup d'Espagnoles aussi cette année, des Allemandes, des Tchèques, etc, et une cinquantaine de vendeurs de matériel", explique cette véritable passionaria des dentellières, par ailleurs enseignante. "Mais je n'en fais pas, je n'ai pas le temps !", confie-t-elle.
"Il y a vingt ans, on a été le premier grand rendez-vous de la dentelle en France, et depuis on a fait école. On essaie d'innover chaque année en proposant de nouvelles animations. Cette année, les clubs ont fabriqué des poissons colorés en dentelle, qui sont vendus 5 € au bénéfice d'une oeuvre caritative à Madagascar". La dentelle possède un nombre impressionnant d'adeptes dans de nombreux pays et régions, et la valeur de leur travail commence enfin à être reconnue : "Petit à petit, la dentelle atteint son prix réel", se félicite Mick Fouriscot.
Couviges d'ici et d'ailleurs
Claude, Christelle et Reine font partie du couvige de Blavozy. "On est une dizaine d'élèves de Catherine Guilhermet. Que des filles, les garçons, on en veut pas !", plaisantent-elles. "En fait, on se rend compte qu'il y a des gens qui font de la dentelle partout", observe Christelle. "Dans le temps, elles faisaient des longueurs pour les vendre. Aujourd'hui, c'est pour le plaisir, ajoute Reine, si on les vendait au temps qu'on y passe, ce serait hors de prix. Alors on offre, mais uniquement à des gens qui savent apprécier ! Et puis, c'est aussi pour conserver un patrimoine, c'est important".
Une bonne moitié du public pratique la dentelle, selon nos trois dentellières. Les gens viennent ici piquer des idées, surtout, et acheter du fil et des modèles, car on n'en trouve pas facilement. Cette rencontre est aussi l'occasion de découvrir de nouvelles techniques. Les dentellières espagnoles, pour ne prendre qu'un exemple, ne travaillent pas à plat sur un carreau, mais presque à la verticale, sur un coussin étroit. M. Larger enseigne la dentelle à St Paulien, au sein de l'association "Dentelle Ruessienne". Sur son stand, il propose des fuseaux de toutes sortes qu'il a fabriqués de ses mains : "J'aime bien le contact avec le bois, je travaille surtout sur commande, et je reproduis des modèles de différents pays". Y a-t-il des collectionneurs de fuseaux ? "Oh oui, moi, par exemple !", s'exclame une dame qui a fait le trajet depuis Bordeaux pour compléter sa collection. Le rez-de-chaussée du centre culturel offre un spectacle saisissant. Des dizaines de vendeurs de toutes origines y proposent sur d'impressionnants étals du matériel hautement spécialisé, que l'on pourrait presque qualifier de high-tech : fils, plioirs, fuseaux, carreaux et aux pièces à la fonction mystérieuse pour un novice.
JBB
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