Ce mardi, le centre-ville du Puy a vu une manifestation "2 en 1" avec d'un côté le mouvement des prof, des enseignants stagiaires et des lycéens du département et, de l'autre, celui du collectif contre la privatisation de La Poste, pour un débat public et pour un référendum. Une scène qui s'est reproduite dans de nombreuses villes de France. En Haute-Loire, l'inquiétude principale concerne le devenir de l'antenne du Puy de l'IUFM.
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Sur la place Cadelade ce mardi matin, près de 300 personnes se pressent drapeau à la main. Parmi elles, de nombreux enseignants. Au nom de l'intersyndicale FSU, Sud et CGT, Gilbert Ducarouge, le secrétaire départemental de la FSU, fustige la « politique éducative désastreuse, basée sur le dogme du libéralisme, que mène le gouvernement depuis deux ans ». En tête de cortège, il déplore la diminution de deux heures de la durée du temps d'enseignement pour les élèves de primaire et le « détournement des programmes vers les fondamentaux au détriment des disciplines d'ouverture au monde ».
Par ailleurs, Gilbert Ducarouge regrette la mise en place d'évaluations nationales des élèves de primaire qui met en concurrence les enfants. En maternelle, c'est « l'éviction progressive des enfants de moins de trois ans au profit de crèches payantes, à effectifs contingentés et sans projet pédagogique » qui le fait frémir. Quant aux enfants handicapés, le syndicaliste ne voit pas comment ils vont être pris en charge de façon pérenne en milieu scolaire ordinaire après la suppression de 1 500 postes dans les Réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED), sans parler des 16 000 suppressions de postes prévues dans toute la France en 2010. Des coupes qui vont s'appliquer essentiellement aux stagiaires d'IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres). Ceux-ci sont d'ailleurs venus en nombre place Cadelade ce mardi matin pour défendre leur antenne altiligérienne menacée de disparition.
Compagnonnage du Moyen-Age
Avec la nouvelle réforme des IUFM, la part de théorie pédagogique dans le cursus des futurs instituteurs devrait passer de 60% à environ 30% avec un tutorat accompli par un « paire compétent ». Pour Gilbert Ducarouge, aussi compétent que soir le professeur tuteur, cela ne remplace pas une véritable formation et rappelle « le système du compagnonnage du Moyen-Age ».
De plus, les futurs instituteurs et professeurs ne seront plus recrutés au niveau Licence mais au niveau Master. Seulement, le Master d'enseignement pluri-disciplinaire agrémenté de stages qui avait été promis l'an dernier est passé à la trappe. A la place, si l'étudiant a fait une Licence d'histoire, il fera un Master en histoire, avec le risque que certaines Licences ne correspondent à aucun Master, outre le fait que le futur instituteur n'aura que des notions vagues des autres disciplines comme les maths ou le français. Bertille Langlade, en première année à l'IUFM du Puy, ne cache pas sa colère ( >> Ecoutez ).
A côté des stagiaires, les lycéens donnent de la voix, eux-aussi, dans le défilé. Ils sont une centaine, venus des lycées ponots Roche-Arnaud, Simone Weil et Anne-Marie Martel. La nouvelle réforme des lycées qui leur est aujourd'hui proposée ne correspond toujours pas à leurs attentes. Certes, les séries S, ES et L sont conservées au bac général et des modules d'une kyrielle de matières sont mis en place, mais pour Raphaël Chicha, élève au lycée Simone Weil du Puy, « cela ne fera que creuser l'écart entre des lycées qui pourront offrir des options attirantes et ceux qui n'auront pas le personnel nécessaire pour le faire vu les 16 000 suppressions de postes en 2010 ». Bref, pour le lycéen, la consultation effectuée par le médiateur du gouvernement Richard Descoings en région, notamment au Puy en avril dernier (lire notre article) n'était qu'un leurre ( >> Ecoutez ).
Baisse du budget des collèges
Mais les lycéens ne sont pas les seuls à exprimer leurs doléances. Lionel Bouton, du Snes, craint pour l'avenir des collèges de Haute-Loire. Cette année, pour la première fois, le Conseil général de Haute-Loire va diminuer ses subventions de fonctionnement à 16 collèges publics sur 21, aboutissant à une baisse de 5% de son budget global de l'éducation. Pour Lionel Bouton, c'est une injustice faite aux établissements publiques par rapport au privé ( >> Ecoutez ) d'autant que l'économie de 100 000 euros ainsi réalisée lui semble « dérisoire pour rétablir les finances du Conseil général ».
L'autre manifestation de ce mardi midi au Puy c'est celle du collectif contre la privatisation de la Poste. Il s'agit là de préparer le terrain pour un plus grand rassemblement ce samedi 28 novembre à 15 heures devant la préfecture. Au plan national, la grève a été suivie par 14% du personnel, ce qui explique certaines boîtes aux lettres vides aujourd'hui.
Annabel Walker
Gilbert Ducarouge s'oppose aux 16 000 suppressions de postes dans l'éducation nationale et réclame une revalorisation salariale.
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