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De fil en aiguille, Fontanille obtient un nouveau délai

Alors que l'entreprise de textile avait été mise en redressement judiciaire le 2 novembre 2009, les renversements de situation se succèdent. Mercredi, on apprenait que la société Cheynet retirait son offre de reprise pour la dernière grande entreprise du textile du bassin du Puy. Vendredi matin, une délégation du personnel a été reçue par Laurent Wauquiez et en début d'après-midi, le tribunal de commerce a autorisé la pousuite d'activité jusqu'au 2 mai.  Le 12/03/2010

"Il faut rester optimiste, on a quand même quelques raisons de le rester" annonce Robert Aurand de l'Union Départementale CFDT . "Les clignotants sont plutôt au vert en ce qui concerne Fontanille : l'activité redémarre, on a passé la mauvaise période, le creu de la vague c'était décembre-janvier-février, le chiffre d'affaire progresse, nécessairement, les clients continuent de faire confiance à Fontanille, c'est extrêmement important pour nous car dans des situations similaires, il est très fréquent que les clients aillent voir ailleurs mais non, là les clients restent fidèles".


Optimisme contrasté
L'optimisme est donc de rigueur puisque la poursuite d'activité jusqu'au 2 mai a été prononcé par le tribunal de commerce même si tout n'est pas rose pour l'entreprise de textile.
En effet, l'unique offre de reprise émise a été retirée et les dettes sont encore loin d'être épongées. "Le chiffre d'affaire que l'on fait pour l'instant nous permet de ne pas créer de dettes mais il ne permet pas non plus de rembourser celles que l'on a accumulées" précise Paulo Terroso, secrétaire CFDT au CE de Fontanille.
Il sera certainement difficile de préserver tous les emplois sur le site, malgré la volonté affichée par le secrétaire CFDT au CE de Fontanille : "On espère que le projet de Monsieur François Renault, ou même ceux d'autres repreneurs, il ne faut pas fermer la porte à d'autres repreneurs, puisse voir le jour de façon à ce que l'on trouve une solution pérenne pour l'entreprise qui permette de sauver tous les emplois".


Cheynet perd le fil
En milieu de semaine, nous avons appris que Cheynet retirait son offre. Les syndicats ne l'ont pas vraiment vécu comme une désillusion, estimant majoritairement qu'il ne s'agissait pas d'un véritable projet industriel mais plutôt d'une délocalisation rapide de l'entreprise. Robert Aurand ponctue même, non sans humour : "si Cheynet s'est retiré, il y avait certainement plusieurs raisons, notamment ses importantes difficultés économiques. Il préfère donc se recentrer sur ses activités plutôt que reprendre une autre entreprise convalescente, d'autant que vous savez, marrier un mourant et un malade, ça n'a jamais fait un couple en bonne santé !".


Quelques pistes
"Pour l'instant, on a pas vraiment de piste, le seul repreneur s'est retiré donc maintenant il reste juste le projet de  Monsieur François Renault. C'est un projet où il y aurait un actionnariat de plusieurs clients du médical, des clients en bonne santé financière mais c'est encore en train de se bâtir donc il est encore trop tôt pour annoncer des noms" précise Paulo Terroso. Un deuxième projet annexe qui permettrait de sauver quelques emplois de plus serait également dans les tuyaux.
Vendredi matin, une délégation du personnel a été reçue par Laurent Wauquiez " qui était assez mécontent de nous puisqu'il nous a jugé responsables du retrait de Cheynet" observe Robert Aurand, avant d'ajouter : " mais pour nous, c'est pas l'essentiel, ce qui compte, ce n'est pas le passé, c'est l'avenir".
Et pour l'avenir justement, Laurent Wauquiez se serait engagé à soutenir le projet de François Renault précisant qu'il allait tout faire pour l'aider afin que ce projet voit le jour. "Le maire du Puy nous a aussi assuré qu'il avait pris les contacts au niveau des ministères pour éventuellement trouver d'autres repreneurs, qui seraient plutôt des industriels nationaux, mais pour l'instant, rien n'est abouti, il faut donc rester à la fois prudent et optimiste" tempère Robert Aurand.


Un sursis supplémentaire
Pris à la gorge, Fontanille a tout de même réussi à obtenir un délai supplémentaire. A l'issue de l'audience du tribunal de commerce, Paulo Terroso a déclaré : "le tribunal de commerce a pris la décision de prolonger le redressement jusqu'au 2 mai, on aura une nouvelle visite le 23 avril pour faire un point sur l'évolution du plan de l'actuel PDG, Monsieur François Renault".

Ce verdict a le mérite de redonner du baume au coeur aux employés, comme le confirme le secrétaire CFDT au CE de Fontanille : "les clignotants sont au vert, le carnet de commande se remplit et on sait que du moment que l'on ne créera pas de dettes que le tribunal ne peut que nous faire continuer. Ça nous permet de gagner du temps pour trouver une solution plus adéquate à notre situation".
La mobilisation a permis jusqu'à maintenant de tenir six mois de plus, une fierté pour les employés car comme le dit l'un d'eux : "ce n'est pas rien d'avoir six mois de salaire en plus donc on va continuer la mobilisation dans l'attente d'un vrai projet industriel".


Créée en 1860, l'entreprise Fontanille a su se développer au fil des années et entend bien continuer à tisser sa toile à l'avenir. Le rendez-vous est donc donné au  23 avril dans un premier temps, puis au 2 mai. D'ici là, la situation devrait s'éclaircir.


Maxime Pitavy

 

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Créée en 1860, l'entreprise Fontanille entend bien continuer à tisser sa toile à l'avenir. / MP  
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